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Face à la crise économique... Quels signes d'espérance ? 21/05/2009 - Lu 2202 fois
Secondigny, le 20 mai 2009


 

     

Face à la crise...
quels signes d'espérance ?

   

       Andrée GABARD pour le M.C.R.                   Luc BONNEAU pour l'ACI              Mgr Albert ROUET, Archevêque        Dominique AUBRUN pour les E.D.C.                        Animateur                                      de Poitiers
        David JOLIVET pour l'A.C.I.                                                                       Etienne GOBIN pour le C.M.R.
                                                                                                                Marylène POUBLANC pour l'A.C.O. 

  

Plus de 200 personnes ont répondu à l'invitation de l'ACI, le CMR, l'ACO, le MCR, et des EDC

 

    David travaille dans une entreprise qui emploie plusieurs centaines d’ouvriers. Certaines des usines sont en Chine, Roumanie…
    Confrontée à la crise, l’entreprise a d’abord compressé les frais de fonctionnement. Puis ce sont les contrats des personnels intérimaires qui n’ont pas été reconduits. Enfin, il a fallu se séparer de deux collaborateurs. Toutes ces décisions sont difficiles à prendre. Et en même temps, c’est la survie de l’entreprise qui est en jeu ! Tout en pensant aux hommes, à tous les hommes, quelque travail qu’ils fassent, de quelque pays qu’ils soient.

                                                                                                                                  

 

     La crise que nous vivons aujourd’hui n’est pas la première. Pour ne citer que les plus importantes : en 1987, krach boursier à Wall Street. Il y aura d’autres alertes sur les marchés, mais elles se produiront ailleurs : au Mexique en 1994, en Asie en 1997 et en Russie en 1998. En 2001, c’est l’Argentine qui est touchée, puis à nouveaux les Etats-Unis en 2007. A chaque fois, par effet domino, c’est l’ensemble de la finance internationale qui est touchée. Face à une telle situation mondiale, il faut nous faut tout d’abord faire une analyse du système, puis s’engager.

Quelques faits significatifs

- En Europe de l’Ouest, aux ¾, les entreprises sont financées par les banques, alors qu’aux Etats-Unis, les ¾ sont financées par le marché.
- La grande majorité de la production mondiale (~ 70%) se fait dans l’Europe de l’Ouest, aux USA et …
- La moitié des la production totale de la planète est la propriété d’environ 100.000 personnes ce qui représente à peu près 150 milliards de dollar par personne.
- Le système néo-libéral ne peut donc pas répondre aux crises dont il est à l’origine.

S’engager : une nécessité

1 – Il faut pousser les responsables de nos pays à revoir les procédures mises en œuvre dans la répartition de l’argent. Ainsi, la spéculation recouvre 3 réalités :
- garantir la possibilité de payer à terme ;
- rendre de l’argent disponible ;
- rapporter de l’argent à des gens qui en disposent.
C’est ce dernier aspect qu’il faut réguler.

2 – Quand on parle d’argent, il faut être prudent et gérer la confiance entre nous. La confiance ne naît pas spontanément.

3 – L’individualisme favorise le commerce. Il permet à des Etats d’être plus faciles à gouverner. A condition que des corps intermédiaires : syndicats, chambres élues… soient représentatifs et forts.

4 – On ne peut pas continuer à vivre d’emprunts (En 2007, en moyenne, le taux d’endettement était de 145% en Grande Bretagne, de 140% aux USA, de 115% en Espagne, de 68% en France…) Nous allons être amenés à faire des choix et à avoir une vie plus sobre.

5 – En France, depuis 30 ans, et revenu salarial a quasiment stagné. Mais si on considère l’ensemble des salaires, une grande partie des salaires a baissé en pouvoir d’achat tandis que d’autres ont considérablement augmentés. Ceci a une conséquence sur la vie des entreprises où c’est le capital qui est le plus rémunérateur.

6 – S’il est clair qu’il va falloir relancer la production, il n’en est  pas moins vrai qu’il va  falloir, aussi, « réaménager la consommation ».

En Conclusion

     Une espérance est possible, mais elle n’aura de réalité que si nous sommes capables de valoriser les corps intermédiaires. Si le bien commun l’emporte sur le bien particulier, en redonnant confiance à notre vie commune.

  

     

Echanges en carrefours après l'exposé de Mgr Rouet

  

     Laëtitia, permanente du C.M.R. en conversation avec Mgr Rouet et Etienne Gobin

          Marc Taillebois fait la synthèse des interventions. Nous en retiendrons sa conclusion :

 "l'espérance se tient dans l'opportunité que toute crise offre. Il y a un avant et un après, et la nouvelle situation peut-être porteuse de comportements nouveaux. Il s'agit à la fois de conversion personnelle dans nos modes de vie, mais aussi de promouvoir et de s'engager pour des institutions justes, de valoriser le place des corps intermédiaires, de redonner sa juste place  à l'argent et des règles à l'économie pour un service authentique de l'homme."

  

Avant de se quitter, les participants à la soirée ont poursuivi les échanges autour d'un verre de jus de pomme.

 

                                                                                                                        Photos : Michel Bonnessée